Auf der anderen Rheinseite
L’expatriation
La maison qui rend fou
Jan 18th
En ce moment, nous n’avons pas besoin du laissez-passer A38 mais nos déboires avec le Consulat sont un peu du même ordre que celles dans la vidéo ci-dessous.
On voudrait simplement faire un papier d’identité à un nouveau-né (on a pas idée aussi de faire un bébé à l’étranger sans être mariés !).
Après avoir consulté les sites de l’Ambassade et du Consulat de Berlin, puis du Consulat de Munich (dont nous dépendons), puis les sites du Ministère de l’Intérieur et d’informations administratives, sans parler des différents appels et envois de mail aux-dits Consulats, je dois dire que nous avons à peu près autant de procédure et liste de documents à fournir que d’interlocuteurs.
Quand nous leur signalons leurs incohérences, ils nous rappellent que ce n’est pas possible, c’est nous qui avons mal compris puisque la procédure est limpide. Elle est tellement limpide d’ailleurs que tu peux parler deux fois à la même personne, elle ne te donnera pas la même version selon le jour… Le plus drôle est quand il nous explique comment cela se passe à un autre Consulat, tu peux être sûr que dans ce cas là ce qu’ils disent n’est pas réalistes (puisque l’autre Consulat que tu as eu au téléphone juste avant pour parler de leur procédure à eux vient de te dire autre chose).
Le souci est que le Consulat est à Munich donc à 230 km de Stuttgart et qu’ils refusent de donner des renseignements autrement que par téléphone : ils viennent à Stuttgart pour tout ce qui est papier d’identité, réalisation de procuration etc… une fois tous les deux mois – oui tous les deux mois – cela se passe sur rendez-vous et ils refusent les rendez-vous pour information sur prétexte qu’ils sont débordés (ce que je veux bien croire) sauf que quand tu demandes un rendez-vous à la dernière minute, ils ont plusieurs créneaux de 30 min de libre (c’est beaucoup moins crédible du coup le débordement). On peut aussi les contacter par email, mais ils aiment pas trop parce que parait-il on ne peut jamais trop savoir le cas particulier (je ne demande qu’à les croire là aussi). Le problème est que voyez-vous le Consulat de Munich couvre toute la Bavière et le Baden-Württemberg (on peut assimiler cela à 2 régions françaises par exemple Rhônes-Alpes et PACA) donc quand ils te disent que tu es un cas particulier parce que tu habites ailleurs qu’à Munich (ce qui reviendrait à dire que tu vis à Marseille alors que le Consulat est à Lyon), tu es en droit de te demander “c’est quoi un cas pas particulier ?”.
Le seul point sur lequel ils sont tous d’accord c’est que tu peux faire faire un passeport un France… C’est pour qu’ils aient moins de travail qu’ils me signalent cela à chaque fois et plusieurs fois ? (oui je sais c’est sympa de leur part de me le signaler, je regrette juste que ce soit le seul point sur lequel ils soient tous en accord !).
Et dire qu’il y en a qui voudrait qu’on paie un impôt….
La grossesse en Allemagne
Sep 30th
Pour avoir des informations sur la grossesse et l’accouchement en Allemagne, je vous invite sur le blog de Carpediem : http://grossesseenallemagne.wordpress.com/
Un blog pour avoir une idée des différences fanco-allemandes sur ce sujet.
L’ironie vue d’ici (et d’ailleurs)
Nov 3rd
Je présume que vous n’avez jamais remarqué, en fait, à quel point nous, français, sommes ironiques. En fait, quand on parle, les 3/4 du temps, c’est pour faire de l’ironie. Par exemple, et ce n’est pas exhaustif :
- “Ouaw c’était génial” quand on pense que c’était bien nul
- Personne 1 : “Tu viendras ?” Personne 2 : “Ben non bien sûr” quand on pense que oui, sûr sûr on ira.
- “Qu’est ce qu’il fait beau en ce moment” alors qu’il tombe des trombes d’eau dehors depuis 3 jours
- “Trop sympa ce type” quand il vient de nous faire une bien grosse crasse
Vous voyez ce que je veux dire ? De l’ironie, on en fait tout le temps !
Le truc, à l’étranger donc, c’est que ceci est typiquement français et que l’on ne s’en rend pas compte (qu’on ironise sans arrêt). Il vous suffit d’essayer de faire de l’ironie comme ça à blanc avec un étranger (et même dans sa langue natale), vous verrez, vous ferez un gros bide et aurez droit à un regard suspect de la part de l’autre. Parce que forcément, dire qu’il fait super beau, et que c’est vraiment génial, alors qu’il pleut sans arrêt depuis 3 jours… c’est, comment dire, bizarre en fait.
De la barrière culture ou de la différence culturelle que cela s’appelle. Cette différence qui ne s’apprend pas dans les livres ou à l’école, et, qui ne peut se découvrir que sur le tas.
Cette différence qui fait que l’on parait bizarre aux yeux de son interlocuteur et qui est invisible à nos yeux.
Invisible ? Oui parce que je ne sais pas pour vous, de mon côté en tout cas, je n’avais jamais remarqué à quel point j’utilisais l’ironie, jusqu’au moment où je n’ai plus pu l’utiliser et je ne l’ai plus entendu.
C’est aussi via cette différence qu’il est difficile de se faire des amis à l’étranger (et qu’il faut faire attention à la solitude). Pourquoi ? Parce que si les autres ne rigolent pas et ne pratiquent pas l’ironie, c’est qu’ils doivent avoir une autre manière de s’exprimer, de rigoler, de communiquer. Et que cette manière n’est pas évidente pour nous et n’est pas forcément drôle pour nous. Qui n’a jamais parlé de l’humour british pince sans rire ou l’humour allemand au premier degré bien lourd ? Et bien l’humour français est ironique. Oui.
Lorsque vous partirez à l’étranger en voyage ou pour y vivre, pensez-y. Il n’y a pas que les mots que l’on emploie, il y a aussi comment on les emploie. Et l’ironie – dans la langue de Molière ou dans notre nouvelle langue – en général à part avec les français, ça marche pas trop trop !!!
“Un projet d’impôt pour les français expats”
Oct 28th
L’autre jour, mon sang n’a fait qu’un seul tour à la lecture de ce titre de journal. J’ai vraiment du mal à comprendre pourquoi les politiques s’entêtent à vouloir faire payer un impôt aux français qui vivent en dehors de France.
Déjà, je ne vois pas en quoi la nationalité a à voir avec le fait de payer des impôts. Non mais c’est vrai hein. Quand on ne vit pas dans un pays et que l’on ne jouit en rien des avantages de ce pays, pourquoi est-ce qu’on devrait lui verser notre dime, sous prétexte qu’il est écrit sur notre passeport “France” ? Des impôts, mais oui on en paie et cela, dans notre pays d’accueil. On ne va pas non plus payer deux fois les même impôts, faut pas abuser hein. Surtout que bon, c’est pas parce qu’on est expat qu’on gagne plus qu’en France (d’ailleurs, en contrat local sauf cas exceptionnel de travail dans la finance, je peux vous le dire sincèrement, quand on est cadre, on gagne souvent moins bien sa vie. Ben oui.).
Certes, on peut parler des services fournis par les ambassades and so on… bon déjà, à moins d’avoir été expat, vous ne pouvez pas savoir à quel point c’est juste de la poussière aux yeux. En fait, à moins de vivre dans la ville de l’Ambassade, vous n’avez pas droit à grand chose (et encore si vous êtes à Londres, il y a tellement de français que vous n’avez droit à rien). Par exemple en Allemagne, enfin à Stuttgart, certains papiers doivent se faire à München (c’est à 220km ou 2h40 de route sans pause) comme le passeport ou à Berlin (c’est à 640km ou 6h de route sans pause) pour les déclarations de mariage…. Tu parles d’un service. Si c’est pour appeler les gens et envoyer un courrier papier, autant appeler Paris (ou aller à Strasbourg qui est à 160km soit 1h40 de trajet seulement). Mais gentil lecteur, vorsicht (fais attention en langage de chez moi), je ne me plains pas, je sais bien que je l’ai choisi, je fais juste un constat : j’aimerais bien savoir pourquoi je devrais payer un truc que je paie déjà, donc le payer une deuxième fois et cela pour, tiens toi bien ami lecteur, ne rien avoir en échange…
Mais en lisant l’article, on y découvre une subtilité. Non non non, on ne va pas payer une deuxième fois l’impôt (d’ailleurs ça m’aurait bien étonné, parce que sachez le ami anti-Europe, si on ne paie pas deux fois les impôts sur le revenu, c’est bien grâce aux conventions de celle-ci : on paie des impôts dans le pays où on gagne l’argent). En fait, on vous demande juste de payer le complément d’impôt lorsque vous en payer moins dans votre pays d’accueil. Alors là je me marre parce que
- comparer des sommes d’impôt sans comparer le coût de la vie, c’est un peu idiot. Amis londoniens, je vous salue, vous payez moins d’impôt sur le revenu (mais plus d’impôts locaux) et votre coût de vie est tellement plus élévé qu’en France, que c’est évident, donnez un peu d’argent à la France. Et le plus drôle c’est que bien souvent vous gagnez beaucoup moins qu’en France.
- si on est dans un pays où on paie plus d’impôt qu’en France (allez je prends un hasard au pif, l’Allemagne, mais ça pourrait aussi être la Suède, la Finlande ou tout un tas d’autre pays en Europe quand même) donc si on en paie plus dans notre pays d’accueil, on peut demander un remboursement à la France ? Non mais c’est vrai, parce que si je paie un supplément en Angleterre, moi je veux bien un rabais en Allemagne. C’est pas drôle hein sinon. Si on joue, on joue dans les 2 sens, sinon c’est pas forcément ce que j’appelle, heu, juste (parce que c’est bien évidemment de justesse qu’il s’agit dans ce petit projet… tous ses méchants expat qui gagnent si bien leur vie à l’étranger faut les taxer).
Et les gens, si y’avait un eldorado, ça se saurait, on y vivrait déjà tous. Alors arrêtez de prendre le cas de 2/3 corniauds qui oui s’expatrient pour payer moins, pour une généralité. Et que celui qui me parle des ô si magnifique institution que nous appelons école. Alors oui, je crois savoir que le gouvernement y verse quelques dimes. Mais bon gentil petit ami derrière ton écran, sache qu’une inscription dans ces établissements coute cher, très cher, mais genre très très très très très cher. Une école maternelle au Japon: 13 000euros l’année, une année au Lycée français de San Francisco (aux Zetasunis d’Amérique) oh ben ça va de 11 000$ à 23 000$ l’année (soit entre 8000 et 16000euros l’année). Et puis sache aussi que ces établissements français il n’y en a pas partout. Genre à Stuttgart, il n’y a que les écoles maternelle et primaire.
Enfin soyons tous rassurés, le projet de loi de Monsieur Jérôme Cahuzac a été rejeté.
Mais je tiens à préciser que si on souhaite me faire payer un impôt pour, je cite, “consentir un effort très important pour restaurer les finances publiques et maintenir un modèle de développement, un modèle social et économique” afin que “tous soient considérés à égalité de devoirs et de droits” (sous entendu par tous : français en France et français à l’étranger), j’aimerais bien alors être effectivement égale en droit et devoir… à savoir pouvoir faire depuis l’endroit où je vis – donc Stuttgart en Allemagne (mais ça pourrait être Gulu en Ouganda ou Sana’a au Yemen ou Kerman en Iran ou Samara en Russie ou Bethany aux USA ou La Paz en Bolivie ou Alice Springs en Australie ou….) – toutes les choses suivantes (la liste n’est pas exhaustive) : allez à la mairie française pour tous les papiers, avoir des écoles françaises de tous les niveaux, avoir les allocations familiales françaises, avoir les même droits au chômage qu’en France, la même couverture santé française, avoir une bibliothèque française à côté de chez moi… ça me parait un poil utopiste non ?
Allez je sens que je ne vais pas me faire que des amis avec cet article. Mais honnêtement si vous êtes en désaccord (ce que je peux vraiment comprendre), je veux bien que vous m’aidiez à aller dans votre sens. Non parce que franchement, j’aimerais bien comprendre, mais genre vraiment, en fait….
NB : j’ai complètement oublié de préciser mais les français à l’étranger sous contrat français parce que envoyés par leur entreprise paient leurs impôts en France (dingue).
Edit: un très bon article sur le site de l’ADFE, français du monde Imposition des Français à l’étranger, objet de fantasmes. Tout est dit dans la conclusion, qui finalement, résume assez bien ma pensée sur le sujet.
Français du Monde estime qu’en l’état actuel des conventions bilatérales visant à éviter la double imposition, la situation des Français de l’étranger est claire. Ils paient leurs impôts sur le revenu et les taxes là où ils vivent et le montant en est souvent supérieur à celui dont ils seraient redevables en France. Leurs revenus de source française sont imposés en France, soit une rentrée annuelle de 350 à 400 millions d’euros par an. A l’exception des exilés fiscaux -grands amis par ailleurs de l’UMP- les Français de l’étranger ne se soustraient aucunement à l’impôt.
Une réforme de la fiscalité appliquée aux Français de l’étranger ne saurait être envisagée sans que le gouvernement ne prenne la mesure de la réalité du quotidien de nos compatriotes en matière administrative scolaire et sociale. Nous en sommes loin.
Vous voulez devenir un expat ? 6 choses à prendre en compte avant
Oct 12th
Je suis tombée sur un très bon article à propos de l’expatriation. Que vous envisagiez de partir ou pas, je trouve que l’article vaut vraiment le détour.
Il est en anglais (malheureusement) à http://inspiringtravellers.com/2010/10/04/thinking-expat-6/ Pour ceux qui ne parlent pas cette merveilleuse langue, une traduction approximative via Google Translate est disponible à l’adresse suivante http://translate.google.com/translate?js=n&prev=_t&hl=en&ie=UTF-8&layout=2&eotf=1&sl=en&tl=fr&u=http%3A%2F%2Finspiringtravellers.com%2F2010%2F10%2F04%2Fthinking-expat-6%2F Je vous aurais bien traduit l’article moi même mais voyez vous je n’ai pas les droits (d’auteur) sur l’article
L’article dit qu’en gros l’expatriation est pleine de mythe, et c’est vrai. Ce n’est pas parce que vous voyagez beaucoup que vous saurez vivre à l’étranger et n’imaginez pas non plus que c’est que la vie au pays des bisounours.
Comme pour l’article, le but n’est pas de décourager, j’ai juste trouvé que cela correspondait exactement à la situation. Et ça change des béni-oui-oui sur le net pour qui l’expat c’est que du bonheur rose tous les jours avec les petits poney à queue arc-en-ciel qui volent dans les airs.


